Sonia Benezra réclame 468 200 $ à la production de Bonsoir bonsoir!

Une importante bataille judiciaire se dessine dans le milieu de la télévision québécoise. L’animatrice Sonia Benezra réclame 468 200 $ à La Production est encore jeune II inc., la société derrière l’émission Bonsoir bonsoir!, alléguant qu’une entente conclue en vue de la saison estivale 2025 n’aurait pas été respectée.

Selon les informations rendues publiques concernant la poursuite déposée devant la Cour supérieure, les services de Sonia Benezra auraient été retenus afin qu’elle puisse prendre la relève de Jean-Philippe Wauthier à l’animation dans l’éventualité où celui-ci ne serait pas en mesure d’être à la barre de l’émission.

C’est précisément ce scénario qui s’est produit au printemps 2025.

Jean-Philippe Wauthier avait alors dû s’absenter de ses activités professionnelles. Pourtant, lorsque Bonsoir bonsoir! est revenu en ondes, ce n’est pas Sonia Benezra qui a obtenu le mandat d’animation. Marie-Claude Barrette a plutôt été choisie pour amorcer la saison, avant que Jean-Sébastien Girard ne prenne éventuellement le relais.

Un contrat au cœur du désaccord

Sonia Benezra soutient qu’une entente avait été conclue en janvier 2025 avec la maison de production et que celle-ci devait lui permettre de remplacer Wauthier si son absence se concrétisait.

Pour appuyer sa position, l’animatrice aurait notamment versé au dossier judiciaire le contrat ainsi que différents échanges de courriels et de textos.

La poursuite réclame 343 200 $, une somme qui correspondrait à la rémunération prévue pour 88 émissions, à raison de 3 900 $ par épisode.

À ce montant s'ajoutent 125 000 $ en dommages moraux, portant la réclamation totale à 468 200 $.

Selon les allégations rapportées dans les documents judiciaires, Sonia Benezra estime que les événements lui auraient notamment causé de la détresse et auraient porté atteinte à sa réputation, à sa dignité professionnelle ainsi qu’à son image publique.

Il faut toutefois rappeler qu’à ce stade-ci, il s’agit d’allégations formulées dans le cadre d’une procédure judiciaire et qu’elles n’ont pas été tranchées par un tribunal.

La production rejette l’interprétation de Sonia Benezra

La Production est encore jeune II inc. ne partage manifestement pas la lecture que fait l’animatrice de l’entente.

Le producteur Guillaume Lespérance a indiqué aux médias que la production était en profond désaccord avec l’interprétation du contrat avancée par Sonia Benezra et qu’elle comptait contester vigoureusement la réclamation.

La production se dit également surprise de la démarche judiciaire, soulignant notamment que Benezra a collaboré à Bonsoir bonsoir! comme chroniqueuse après les événements faisant aujourd’hui l’objet du litige.

Puisque l’affaire se retrouve maintenant devant les tribunaux, la production a indiqué qu’elle ne ferait pas davantage de commentaires pour le moment.

Sonia Benezra connaissait déjà très bien Bonsoir bonsoir!

Ce qui rend l’affaire particulièrement intéressante, c’est que Sonia Benezra n’était pas une étrangère à l’émission.

En juillet 2023, elle avait déjà remplacé Jean-Philippe Wauthier à l’animation de Bonsoir bonsoir! pendant une semaine. Elle avait également participé à l’émission comme chroniqueuse à plusieurs reprises au fil des années.

Lorsque l’absence de Wauthier avait été annoncée au printemps 2025, le nom de Sonia Benezra avait d’ailleurs rapidement circulé auprès du public pour prendre sa place.

On comprend donc pourquoi cette poursuite risque de retenir l’attention du milieu télévisuel québécois : au-delà de l’importante somme réclamée, deux interprétations complètement différentes d’une même entente contractuelle s’affrontent désormais devant la justice.

La suite du dossier permettra de déterminer si le contrat donnait effectivement à Sonia Benezra le droit d’obtenir le mandat d’animation qu’elle affirme avoir perdu.

Pour l’instant, aucune décision judiciaire n’a été rendue sur le fond de l’affaire.